Dimanche 10 décembre 2023, la journaliste iranienne Narges Mohammadi a reçu le prix Nobel de la paix à Oslo. Actuellement détenue en Iran, celle-ci n’a pu être présente à la cérémonie. Figure emblématique, en faveur des droits des femmes en Iran, elle est une source d’inspiration pour beaucoup de jeunes femmes à travers le monde et originaires de ce pays. Tina Molaïe, jeune comédienne et influenceuse, d’origine iranienne, vivant en France, en fait justement partie. Portrait

| “ ce n’est pas uniquement qu’une fierté pour Narges Mohammadi, mais également pour toutes les femmes iraniennes qui luttent depuis des années contre le régime en place et pour le droit des femmes ” |
« On s’est mélangé à la politique, en tant qu’activiste, en criant haut et fort, non à la dictature ».
Fille d’un journaliste iranien, Tina Molaïe, 33 ans, vit en France avec son frère et ses parents. Après quelques années, en qualité de gestionnaire de compte international à la banque, elle revient depuis peu à ses premiers amours, « la comédie ». En parallèle, elle se crée une notoriété sur les réseaux sociaux, en partageant le quotidien d’une jeune femme en occident, entre soirées entre amis et voyages entre la France et l’Iran, pour sa communauté majoritairement d’origine iranienne. « A une époque, on allait régulièrement en Iran, par ce que nous avons de la famille là-bas » Mais, les derniers événements, à savoir la mort de Masha Amini, lui font réorienter ses contenus sur les réseaux sociaux, et prendre part de manière active, à la défense des droits des femmes en Iran, à partir de la France. En organisant des manifestations remarquées, mais également des posts captant l’attention de millions de personnes sur les réseaux sociaux. « On est rentré dans un mouvement, et on s’est mélangé à la politique, en tant qu’activiste, en criant haut et fort, non à la dictature ». Régulièrement, en tête de file des manifestations à Paris, elle risque à présent la prison si elle décide de rentrer un jour en Iran.

« 44 ans que le peuple subit, mais surtout les femmes iranienne »
Tina dépeint une Iran, qui en 44 ans n’a pas su donner aux femmes, la place et le respect qu’elles méritent dans cette société. « Cela fait 44 ans, que nous sommes sous une dictature, 44 ans que le peuple subit, mais surtout les femmes iranienne ». Poussant certaines familles, à quitter le pays, pour donner à leurs enfants, notamment à leurs filles, certaines libertés bafouées par le gouvernement en place, dont le choix du port du voile, mais également du style vestimentaire. « On a droit à des mots qui blessent, des attitudes, j’ai même failli être arrêtée, mais mon passeport français m’a sauvée, du fait que je suis franco-iranienne ». L’influenceuse indique également que le mouvement « Femme, Vie, Liberté » (en kurde : Jin, Jiyan, Azadi), était un slogan politique kurde à la base, qui a eu un écho au niveau international, à la mort de Masha Amini, portant dans son sillage les revendications d’un peuple en colère. Sans oublier, le récent Prix Nobel de la Paix, décerné à une journaliste et activiste iranienne, qui selon ses mots « ce n’est pas uniquement qu’une fierté pour Narges Mohammadi, mais également pour toutes les femmes iraniennes qui luttent depuis des années contre le régime en place et pour le droit des femmes.
« On essaie de faire passer le message en parlant, mais si cela ne marche pas, on essaie avec les images »
Elle se sert de son expérience, en tant que comédienne, pour servir la cause qui lui tient à cœur. « Je peux jouer sur le fait que je suis comédienne pour pouvoir illustrer mes mots. On essaie de faire passer le message en parlant, mais si cela ne marche pas, on essaie avec les images ». Une de ses vidéos a d’ailleurs fait plus de 2 millions de vues sur les réseaux sociaux, et a même été relayée par une chaîne d’information italienne. Tina, indique comment les réseaux sociaux ont joué le rôle de vecteur, quand les médias avaient du mal à parler de la situation en Iran. « Le peuple l’a utilisé pour montrer au monde entier ce qu’il s’y passait, permettant même de stopper des exécutions ». Pendant les événements survenus à l’issue de la mort de Masha Amini, la jeune femme a mis sa vie entre parenthèse, indique-t-elle. « Je vivais et je mangeais en fonction des événements en Iran, mais après, il y a des choix à faire, et la vie doit continuer ».
Son compte Instagram a peut-être changé de direction dernièrement, mais il s’agit à présent d’insuffler un peu de joie dans la vie des Iraniens, confie-t-elle. « Je me tiens toujours informé de la situation en Iran, et si des événements similaires venaient encore à se reproduire, j’utiliserais de nouveau mes comptes sur les réseaux sociaux pour les dénoncer ».


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