Au coeur d’une association du 93, infatigable depuis 1988

Lundi 25 novembre 2024, était la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. L’association « Femmes relais », basée à Bobigny, œuvre depuis 1988 afin de venir en aide aux populations les plus fragiles de Seine-Saint-Denis et d’Île-de-France, dont les femmes victimes de violences conjugales. Les conditions de prise en charge et les différents interlocuteurs sont des informations essentielles pour le public concerné. Qui sont-ils ? Et quelles aides fournissent-ils à ces populations ?

Photo de Gustavo Fring sur Pexels.com

« Infatigables depuis 1988 »

Un chemin arboré conduit à un complexe commercial où se situe l’association. Devant l’entrée de celle-ci, une table est installée avec des vêtements à disposition. Dans l’espace d’attente, un homme est en charge d’orienter les nouveaux arrivants, selon qu’il s’agisse d’un accompagnement ou d’un adhérent. Madame Sangaré, responsable de l’association, se trouve dans le bureau situé en face de l’entrée, entourée de quatre employés. Les discussions vont bon train sur les différents points à régler ou à mettre à jour pour l’association. Celle-ci est constamment sollicitée. Un sourire constant aux lèvres, la responsable des lieux raconte les débuts de cette aventure associative. « Depuis 1982, l’association est présente pour que des femmes accompagnent d’autres femmes à survivre », elle décrit également le type de public aidé par l’association. « Le type de public que nous recevons a évolué avec le temps ; à présent, il est plus varié, cela va de la femme victime de violence conjugale à la famille nombreuse ayant des difficultés à nourrir ses enfants. Nous réalisons également de l’accompagnement scolaire, de l’accompagnement à l’emploi, ainsi que des ateliers beauté et soin, justement pour que les femmes victimes de violence puissent reprendre confiance en elles. » Elle conclut la présentation de l’association en nous tendant un flyer réunissant toutes les informations sur les accompagnements accessibles sur leurs différents sites, avec indiqué sur celui-ci : « association Femmes relais, médiatrices interculturelles, infatigables depuis 1988 ».

« Il y a une salle de bain, mais également des vêtements propres à disposition. »

Photo de Samuel Peter sur Pexels.com

Avec de grands signes de la main, la présidente de l’association nous indique l’endroit où les femmes à la rue ayant besoin de se doucher ont accès à une salle de bain et à une machine à laver pour leurs vêtements. « Il y a une salle de bain, mais également des vêtements propres à disposition, nous leur fournissons un repas chaud, il y a aussi un espace où elles peuvent patienter en attendant d’être prises en charge par les assistantes sociales. » Elle nous confie le contexte compliqué dans lequel se trouve le département où l’association est située : « il s’agit du département d’Île-de-France où il y a le plus de besoins. » La structure emploie 10 salariés parlant différentes langues et dialectes, ainsi que 8 assistantes sociales en stage.

« Je me suis dit on va voir, mais finalement je suis restée »

  

Parmi ces employés, il y a Marion, située près du bureau de la présidente, grande brune au regard vif, originaire du Blanc-Mesnil, qui est en poste depuis 2004. D’abord étudiante en comptabilité, elle avait arrêté ses études avant d’avoir son premier entretien d’embauche à l’association. « J’avoue avoir eu un peu peur, je me suis dit, on va voir, mais finalement, je suis restée. »

Dylan, 28 ans, est en poste depuis 2017. Il a commencé au sein de l’association, en service civique pour des besoins en informatique, où il avait certaines compétences. « Par la suite, j’ai proposé de rester, et depuis voilà. »

Fatouma, installée en face, en poste depuis 10 ans, nous indique être une ancienne balbynienne. Après son BTS d’assistante de gestion, elle trouve ce poste avec l’aide de la mission locale en contrat aidé. « Je connais l’association depuis que je suis petite, et ce que j’aime ici, c’est la polyvalence des tâches. »

Anissa, 27 ans, située juste à côté de Fatouma, est arrivée il y a 2 ans, après des études de droit. « J’ai répondu à une offre, mais comme beaucoup, j’étais déjà intéressée par le social. »

Enfin, Stacy, une grande chabine locksée, de passage dans le bureau, indique être arrivée en 2020 en tant qu’assistante sociale stagiaire. « À l’issue de mon stage, on m’a proposé un poste. »

À la question de savoir comment ils parviennent à faire en sorte que la situation ou des évènements n’impacte pas leur santé mentale, les employés de l’association ont répondu unanimement : « Il y aura toujours des situations qui nous marqueront plus que d’autres, mais le fait d’en parler ensemble, nous permettra de faire la part des choses et de les laisser à la porte de l’association, pour ne pas que cela impacte notre vie personnelle. »

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